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Ange

Les longues nuits d'Isaac

Au-delà du délire (1974)

Pochette Avec le temps, il est parfois difficile de démêler les racines de l'attachement que l'on peut éprouver pour certains morceaux. Il en est ainsi pour Les longues nuits d'Isaac, dont les paroles me sont toujours restées obscures mais que j'ai adoré dès la première écoute. Une construction originale (refrain, couplet, pont, couplet, refrain), une guitare électrique saturée suivie de doux arpèges acoustiques, des phrases mélodieuses scandées par la basse et systématiquement ponctuées d'un point de basse-batterie durant le premier couplet, un orgue portant quasiment à lui tout seul toute la mélodie et les harmonies, un mélange de colère et de supplique dans le chant... Mais au-delà de ses qualités musicales, ce morceau évoque immanquablement l'ivresse de la scène que j'avais éprouvée lors d'un concert en plein air où nous l'avions repris. Il colle aussi à la peau de mon copain Bernard, tentant d'arracher le grondement final de guitare à grands coups de latte dans sa Big Muff rétive. Comme un objet fétiche, une odeur jamais oubliée ou une photo glissée dans un portefeuille, Les longues nuits d'Isaac fait partie de ces souvenirs auxquels je tiens comme à la prunelle de mes yeux, tout simplement parce qu'il se confond avec une tranche de mon existence.

26 décembre 2007

Les longues nuits d'Isaac
Version originale.

Auteurs

Textes : Christian Décamps. Musique : Francis Décamps.

Paroles

Sang de tes pères, adultère en émoi
Attache ta terre à la chair de tes doigts
Sang de tes pères, adultère en émoi
Arrache ta terre de la serre du faux roi

Ô nuit, toi qui m'enveloppes de ton étoffe en pluie d'argent
Ô nuit, toi qui m'emportes loin des cratères béants
Ô nuit, toi qui me rêves sur une grève papier-rubis
Ô nuit, toi qui me forces à retenir le dernier cri

As-tu vu l'homme au chapeau pointu
Qui tisse de ses yeux la trame universelle ?

Ô nuit, dis-moi qui suis-je sous ton foulard de vérité
Ô nuit, dis-moi qui suis-je avant de t'en aller
Ô nuit, dis-moi je rêve sur cette grève papier-rubis
Ô nuit, dis-moi puis-je enfin lâcher ce dernier cri

Sang de mes pères, adultère en émoi
Attache ma terre à la chair de mes doigts
Sang de mes pères, adultère en émoi
Arrache ma terre de la serre du faux roi

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