Starless

Brian Jonestown Massacre / Aufheben

Pochette de l'album "Aufheben" de Brian Jonestown Massacre

2012, A Records

Il m'est difficile de comprendre pourquoi les artistes sont un carburant de choix pour la machine à fantasmes, mais c'est ainsi. Il suffit qu'un documentaire mette en scène une rivalité supposée entre deux groupes pour que les gazettes musicales lui accordent ensuite systématiquement plusieurs lignes dans tout ce qu'elles écrivent à propos des groupes en question, y puisant mille et une interprétations de leurs succès ou échecs, mille et une justifications au fait qu'elles aiment ou détestent chacun de leurs albums. Les démentis des principaux intéressés – en l'occurrence Courtney Taylor-Taylor des Dandy Warhols et Anton Newcombe de Brian Jonestown Massacre – n'y changeront plus rien. Le nom de ce dernier groupe ne m'était pas inconnu – pas en raison du documentaire déjà évoqué, dont j'ignorais tout, mais du simple fait qu'un nom pareil ne passe jamais inaperçu. Je ne les ai toutefois découverts que tardivement, à travers l'album Revelation, dont le titre d'ouverture, Vad Hände Med Dem?, ne m'avait pas laissé insensible. L'écoute d'Aufheben révèle davantage le talent de compositeur et d'arrangeur d'Anton Newcombe. Le propos y est ouvertement psychédélique – si l'on entend par là les longs étirements de quelques notes aériennes, répétées de manière hypnotique. Il est parfois revisité dans le respect des traditions hippies des années 1960 (Clouds Are Lies notamment), avec flûte, sitar et orgue de rigueur, mais aussi modernisé en y mêlant des sonorités plus orientales (Panic In Babylon) ou nordiques (Seven Kinds Of Wonderful). Surtout, se glissent dans ces morceaux de fabuleuses trouvailles, le type même de petits détails soignés à l'arrière-plan qui extirpent une chanson de la banalité : l'art de chalouper un tempo à la basse et aux percussions (Gaz hilarant), la discrète rythmique de clavier et la phrase de relance à la guitare de Viholliseni Maalla, la lancinante attaque retardée du clavier dans Blue Order / New Monday)... La durée même de l'album – plus de cinquante minutes – contribue certainement à en faire une évasion onirique tout à la fois envoûtante et attachante.

11 septembre 2021

Vidéo / Viholliseni Maalla

Helsinki (Finlande) le 25 juin 2012.
Vidéo éditée par Janne Flinkkilä.

Chansons de l'album

  1. Panic In Babylon
  2. Viholliseni Maalla
  3. Gaz Hilarant
  4. Illuminomi
  5. I Want To Hold Your Other Hand
  6. Face Down On The Moon
  7. The Clouds Are Lies
  8. Stairway To The Best Party In The Universe
  9. Seven Kinds Of Wonderful
  10. Waking Up To Hand Grenades
  11. Blue Order / New Monday

Crédits

Musiciens

Brian Jonestown Massacre est Will Carruthers (basse), Matt Hollywood (guitare), Constantine Karlis (batterie) et Anton Newcombe (chant, guitare, basse, claviers, batterie, électronique).
Avec Hakon Adalsteinsson (guitare), Friederike Bienert (flûte), Hallberg Dadi Hallbergsson (guitare), Eliza Kamasalo (chant sur 2), Fabien Leseure (claviers, électronique) et Thibault Pesenti (chant sur 4).

Auteurs

Écrit et composé par Anton Newcombe.

Production

Produit et mixé par Anton Newcombe et Fabien Leseure.
Enregistré aux studios d'Anton Newcombe et East à Berlin (Allemagne).

Pochette

Linda Salzman Sagan.

Parution et label

2012, A Records.

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